• Les vraies : Aucune technique n’en est protégée

    Une difficulté peut toujours apparaître dans le déroulement d’un traitement, et c’est la manière de s’en occuper qui est importante.
    Les sensations douloureuses de différentes sortes, caractéristiques de certains fils, ou l’extériorisation d’un fil, typique des fils courts, sont des complications qui se traitent facilement et qui concernent plutôt les anciens fils.
    Un aspect tracté persistant, ou une infection locale sont possibles bien que rares avec les différents fils et sont aussi curables avec facilité.
    On retiendra que malgré les dizaines de milliers d’implantations pratiquées dans le monde, il n’y a aucun accident grave et définitif à déplorer avec ces techniques, alors que la liste des complications des liftings chirurgicaux est longue et leur degré de gravité d’une toute autre importance.

  • La dysesthésie (douleur de tous types) locale ou régionale, est, tous fils confondus, la complication la plus fréquemment rencontrée. Elle est provoquée par un conflit d’un ou plusieurs crans avec un petit nerf ou un petit vaisseau superficiel. Comme on l’a vu dans le chapitre - Suites d’implantation -, il est le plus souvent possible de la supprimer sans changer le fil.
    Les fils les plus anciens, aux crans très pointus, généraient beaucoup plus de douleurs que les fils récents.
    Douleurs au niveau des tampes et du haut du crâne
    L’aspect tracté persistant est l’apanage des fils longs, soit par traction excessive, qui peut être affaiblie, soit par positionnement trop superficiel du fil, qui en impose le remplacement s’il persiste trop visiblement au-delà de deux mois. Aspect tracté
    L’extériorisation d’un fil, sans danger aucun mais nécessitant une action, était fréquente avec les fils courts, très migrateurs, et se terminait par l’évacuation complète du fil, aidée si nécessaire. Elle se voit aussi avec les fils longs anciens de structure agressive, simples ou doublés en X, par un effet de pointe des crans et des extrémités.
    Il suffit de raccourcir les extrémités ou plus rarement d’enlever le fil pour y remédier. Extériorisation d'un fils
    L’infection
    est toujours possible dès l’instant que l’on s’introduit dans la peau. Elle est en fait assez rare puisque les fils sont posés dans des bonnes conditions d’hygiène, qui ne nécessitent néanmoins pas l’utilisation d’un bloc opératoire, répétons-le. L’introduction malencontreuse sous la peau ou le cuir chevelu d’un ou plusieurs cheveux accrochés par les crans du fil est la cause la plus fréquente de ces rares infections.
    Un traitement radical est fait par l’extraction du fil associée à un traitement antibiotique adapté.
    Après deux mois, un fil de remplacement peut être réimplanté.

    Infection

    Résultat un mois après l'ablation des fils

     
    L’absence de résultat n’est pas une complication, mais plutôt un problème par défaut, très subjectif, qui se voit constamment avec les fils courts, et plus variablement avec les longs. Une prise de clichés photographiques tout au long du processus ramène de l’objectivité aux conclusions.
    La question de la bonne indication de ce traitement sur le patient, tout autant que celle de l’adéquation des attentes du patient avec les capacités du traitement sont ici posées.
    Des complications très exceptionnelles ont été décrites, par implantation hors de l’hypoderme superficiel, et elles sont toujours curables sans séquelles.
    Elles sont évidemment toujours possibles dès lors qu’une technique est pratiquée des dizaines de milliers de fois par un nombre croissant de praticiens,… parfois débutants, mais elles sont toujours sans gravité comparées aux accidents chirurgicaux. « L’innocuité des fils crantés » est d’ailleurs le sujet de la première étude de la SOMEREFs, bientôt publiée, qui s’appuie pour cela sur une bibliographie conséquente.
    A titre d’information comparative, publiée par un illustre chirurgien qui n’en fait aucun mystère, voici la liste des complications des liftings chirurgicaux,  ;
    Oedème, ecchymoses, hématome, sérome, nécrose cutanée, désunion cicatricielle, infection, douleurs, anesthésie et paralysies temporaires… ou définitives, mais aussi asymétries, irrégularités de surface, pigmentation cutanée, perte de cheveux, cicatrices anormales, déformation d’oreille.
    (Melvin A. Shiffman, Simplified facial rejuvenation. 2008. Ed Springer).
    Pour ne pas laisser la chirurgie seule dans la responsabilité des complications, il faut y ajouter celles, potentiellement plus graves encore, des anesthésies générales.
    Plus en rapport avec l’esthétique des résultats qu’avec les complications dues aux techniques, il faut citer les deux préoccupations majeures des candidates au lifting, qui sont « l’aspect chirurgical », ainsi que l’aspect et le devenir du lift vieillissant.    
    On sait que plus un lifting chirurgical est profond et durable, plus le patient est soumis à suites longues et des complications fréquentes et graves, et donc que les liftings les moins risqués, qui sont la tendance actuelle, sont aussi les liftings les moins durables.
    Il y a donc une bonne place pour les techniques de fils dans cet arsenal liftant, ne serait-ce qu’en raison de leur innocuité, mais aussi parce que depuis quelques années, elles ne sont plus aussi aléatoires et que leurs résultats ont beaucoup progressé.

     

  • Les fausses: Aucun progrès n’en est protégé.

     Étrange mais nécessaire rubrique que celle des rumeurs qui entourent la technique émergente des fils crantés. Qui peut avoir intérêt à les faire colporter ? A qui le succès des fils peut-il nuire?

  • Aucun cas de paralysie faciale définitive n’a jamais été décrit avec l’implantation de ces fils, contrairement à certaines affirmations probablement malveillantes.
    La cassure d’un fil, très rare avec les nouveaux fils, n’existe qu’au moment de la pose, ce qui permet de le changer sur-le-champ, et une cassure tardive après implantation est absolument exceptionnelle.
    Elle ne peut survenir que dans les jours qui suivent l’implantation puisque la réaction naturelle de fibrose qui va entourer le fil ne va cesser de le consolider au fil des mois.
    Il est parfaitement possible de pratiquer un lifting chirurgical si la pose des fils n’a pas donné un résultat satisfaisant.
  • Les techniques associées :

    Les techniques de médecine esthétique se multiplient, obligeant à considérer leurs rapports réciproques avec une attention toujours plus soutenue.
    Tout peut s’associer aux fils crantés, que ce soit l’injection volumatrice pour améliorer des volumes insuffisants, la toxine botulique pour diminuer les crispations musculaires et les peelings pour retendre et lisser la superficie cutanée. Il faut respecter quelques priorités dans la chronologie des actes.
    Quelques précautions nous paraissent aussi nécessaires avec les traitements laser et haute fréquence.

     

  • Il est préférable d’injecter la toxine botulique à distance d’une implantation de fils, les oedèmes pouvant la faire migrer hors du site initial. Une injection précédant l’implantation de quelques semaines est idéale.
    Si elles sont nécessaires, les injections volumatrices gagneront en précision à être faites une fois que le réhaussement des tissus sera stabilisé.
    Un peeling chimique, type phénol, pourra être pratiqué en même temps qu’une implantation, ce qui permet de gagner sur le temps post opératoire qu’auraient nécessité les deux actes séparés.

    Le seul problème certain concerne le risque de détruire les fils (uniquement les fils bleus APTOS®) par un tir laser Alexandrite (dépilatoire) en particulier. Une étude de la SOMEREFs est en cours pour apporter des précisions sur les rapports conflictuels éventuels entre tous les lasers et les différents fils.
    Des questions se posent également concernant les émissions de chaleur dans la peau pour améliorer sa qualité, par laser ou radiofréquence. Certaines expériences cliniques de confrères ne seraient pas en faveur de cette technique une fois les fils implantés, car elle risque de faire se décrocher les crans, par un mécanisme encore inexpliqué. 
    Si la patiente trouve le résultat des fils insuffisant, il lui est parfaitement possible de faire pratiquer un lifting chirurgical sans qu’il soit d’ailleurs obligatoire d’enlever les fils en totalité, le chirurgien pouvant se limiter aux segments qui se trouvent sur le passage de ses incisions et aux berges des lambeaux qu’il va suturer. L’impossibilité de faire une chirurgie après des fils relève donc de la pure désinformation.

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